Quelques morceaux de moi

Inutile

Encore cette impression, celle ne de ne savoir rien faire, de n'être qu'un boulet, une personne maladroite dans tous les domaines... Pourquoi chaque moment de ma vie me donne cette impression ? Je me sens tellement mal, les larmes aux yeux pour un rien, la colère contre tout le monde moi y compris, tout ça forme quelque chose de vertigineux qui me fait perdre pied. C'est à croire que je n'ai vraiment rien à faire ici, que j'aurais dû naître ailleurs, dans un petit recoin sombre de l'univers là où personne n'irait me chercher et où j'aurais pu continuer de rêver comme une enfant (...)

La rage au cœur

Putain de journée... C'est quand même assez rare que j'ai des journées où je me retrouve dans un état pareil, généralement c'est plus quelque chose qui ne dure que quelques heures. Mais là, j'ai eu la rage. Et pourtant, je n'avais aucune véritable raison d'être aussi en colère, d'avoir cette envie d'exploser à tout moment. J'avais même tout pour passer une journée des plus calmes. Un vendredi sans boulot, du temps pour moi et pour essayer enfin de dormir correctement, du silence pour écouter des chansons magnifiques et apaisantes... j'avais tout pour réussir à mettre mon (...)

Rêveries d'un autre monde

I might as well be on Mars / You can't see me / I might as well be the Man on the Moon / You can't hear me / Oh, can you feel me so close / And yet so far / Baby, I might as well be on Mars... J'ai réussi à rêver un peu, pendant cette interminable journée. Peut-être que ça semble quelque peu cliché mais... j'ai rêvé d'un autre monde. Et ça m'a aidé à supporter... eh bien, tout ce que j'avais à supporter. Souvent, j'ai cette impression de venir d'ailleurs, d'être tellement en dehors de tout ce qui existe dans ce monde-là... (...)

Pas là

Journée dans le brouillard. Je suis sortie courir un peu mais je me sentais toujours aussi... éloignée de tout. C'est un peu comme si pour compenser les moments où je suis trop sensible - c'est-à-dire les 3/4 du temps -, j'avais des moments où il m'est impossible de penser ou de ressentir. Aujourd'hui, je n'ai rien fait. Pourtant, si je fais un effort pour me rappeler, j'ai fait pas mal de choses. Préparer un petit déj bien copieux, m'occuper de mes chats, finir le livre que je dois rendre demain à la médiathèque, sortir courir une bonne heure dans le froid et le vent, écrire et (...)

Écrasée

La radio crachant milles mots que j'essaye de ne pas écouter... je ne supporte pas cette manie du bruit, cette habitude qu'ont certains de toujours laisser la télé ou la radio allumée en fond pendant qu'ils font autre chose. Il y a tant de choses comme ça, que je ne peux plus supporter. Dès que je tente d'expliquer ce que cela me fait, ce que je ressens lorsque je suis emportée dans tous ces mots, ces voix, ces événements, on me trouve étrange et on me balance avec dédain que je suis trop sensible. Oui, je suis sensible. Et oui, sûrement bien trop pour ce monde. Mais je ne l'ai (...)

...

Selon ma mère, il ne faut jamais réfléchir trop loin, penser à un avenir trop sombre et sans aucun espoir. Pourquoi ? Parce que d’après elle, il faut faire au mieux, et qu’il faut essayer de sauvegarder l’humanité, que c’est notre rôle, que ça peut être la place de chaque individu dans le monde, le destin, en quelque sorte. Mais l’humanité est déjà pourrie jusqu’à la moelle ! La preuve, entre ma mère qui a déjà vécu plus de quarante ans sur cette terre, et mon frangin qui n’a même pas encore la majorité, c’est ma mère qui est l’optimiste ; on ne croit (...)

2019 est mort, vive 2020...

J'arrive à émerger difficilement. Il a fallut que je dorme un peu, que je passe un temps considérable dans la salle de bain, et que j'arrive à reconstituer ma soirée/nuit du Nouvel An. Ce n'est pas très glorieux. On a fait quelques folies au niveau du repas, on a mangé quelques petites choses inhabituelles. On a même fait un cocktail au rhum... qui n'a pas fait long feu, bien entendu. Je crois me souvenir qu'on formait une belle bande de six personnes ivres, marchant d'un pas vacillant dans les rues en racontant des conneries. Je ne sais plus vraiment si on était six ou sept, (...)

Il ne me reste rien

J’ai l’impression d’avoir tout essayé, j’ai essayé de m’éloigner ou au contraire de me rapprocher, j’ai voulu protéger des personnes et j’ai voulu en condamner d’autres, j’ai tenté de me concentrer sur moi et mes ressentis, j’ai tenté de faire abstraction de moi et de ne penser qu’aux autres, j’ai éprouvé de la pitié envers certains, j’ai été jalouse, j’ai été tendre, j’ai été violente, j’ai été consolatrice et aimante, j’ai été aussi impassible qu’un mur de vieilles pierres, j’ai été silencieuse et secrète, j’ai été pleine (...)

Ce que j'écris quand je dérive...

"Musique résonnant aux oreilles, regard impossible à détacher de l'écran d'un ordinateur portable neuf, les mains sur le clavier, un corps en mouvement se débat dans la nuit. Un geste se fait, se créé ; la nuit l'enferme et le geste meurt. Si ce n'est qu'un corps, que fait-il ici ? Qui l'a laissé traîner là, dans cette pièce ? Qui donc l'a laissé pendant des heures en croyant qu'il ne bougerait jamais ? Battement de cœur ou bien battement du tambour, cela se ressemble tant qu'on dirait d'un tambour qu'il est le cœur de la musique hypnotisante et sans harmonie qui résonne entre (...)

Merry Christmas...

Je sais que c'est Noel, mais je n'ai pas la tête à ça. J'écris des textes qui n'ont aucun véritable début ni fin, j'écris des choses pour passer le temps, j'écris parce que je ne sais faire que ça. Parfois, je les fais lire à d'autres et parfois je les garde pour moi. C'est Noel et je me moque complètement que cela le soit. J'ai fini de regarder les derniers épisodes de "Fear the walking dead", hier soir. Cette série m'hypnotise. Je crois que je vais la regarder à nouveau. Les films joyeux ce n'est pas pour moi. (...)

Hope

Je crois comprendre pourquoi ce mot est un prénom pour certains. Je m'imagine parfaitement pour quelle raison on aurait envie de nommer ainsi son enfant. Hope. L'espoir. On dit que c'est ce qui fait vivre. Alors ce serait ça qu'il me manque ? De l'espoir ? Cela me semble encore pire, avoir de l'espoir et se rendre compte qu'on espère pour rien... je ne sais plus quoi penser. J'ai vu un film, hier soir. "Soylent green". Marrant de constater les différentes interprétations qui naissent chez les personnes ayant vues ce film ; il y a celles qui espèrent et celles qui préfèrent ne pas (...)

Mais pourquoi ?

Je ne comprends pas et je pense que je ne comprendrai jamais. Pourquoi moi ? Pourquoi suis-je toujours en décalage avec les autres ? Mais c’est quoi le problème avec moi, bordel ??? Quand ma mère me parle de quelque chose, peu importe le sujet, je n’arrive jamais à m’y intéresser. Parfois, il s’agit de choses importantes, de sa santé, de son travail, mais je ne sais pas pourquoi je n’y prête qu’un intérêt très limité, et mon esprit continue de divaguer ailleurs pendant qu’elle me parle. Certaines situations se passent bizarrement pour moi, alors que pour les (...)

Juste... quelque chose.

Je cherche quelque chose, je ne sais même pas vraiment quoi, je sais juste que je cherche quelque chose et que je le saurais quand je l'aurais trouvée. Parce qu'il me faut cette chose, parce qu'il me manque quelque chose, parce que je ne suis pas... parce que je ne suis pas ce qu'il faut, ce que je devrais être, ce qu'on attend de moi, ce que moi-même je voulais être. "Parfois, elle rêvait de se noyer, ou tout au moins de faire semblant de s'être noyée. Laisser sa veste et son téléphone sur une plage et partir à la nage. Elle pourrait être n'importe qui. Elle pourrait (...)

Nouvelle fuite ?

Ça fait un moment, maintenant. Avant, j'en avais très souvent, de ces envies de fuir. Je fuyais tout et tout le monde, je fuyais en me perdant dans mes pensées au lieu d'écouter les gens parler, je fuyais en sortant courir par n'importe quel temps. Je me souviens aussi de la fois où j'avais organisé une fugue pendant tout un weekend, le but étant de partir à un concert dans une ville que je ne connaissais pas, en prenant le train et en passant la nuit toute seule dans un hôtel... un plan complètement idiot que je n'avais finalement pas concrétisé. J'avais dix-sept ans et j'étais (...)

" 'Cause I'm Wanted dead or alive..."

"J’ai toujours aimé les femmes bizarres, les folles, les solitaires, les moches aux yeux des autres, les addictes. Les énervées, les passionnées, imprévisibles. J’ai toujours aimé les femmes au tempérament détestable, les obsessionnelles, les dépressives. Les cinglées. Créatives. Les beautés étranges. J’ai toujours aimé celles qui n’aimaient pas l’amour ou qui en avaient peur. Les déraisonnées, les « mal faites ». Les naïves. Les lectrices. Celles qui pensent parfois à la mort (parce qu’on ne peut aimer profondément la vie sans). Celles en qui quelque chose ne (...)

I did it again...

J'ai cédé, j'ai... et merde. J'ai recommencé à me scarifier, voilà. La seule différence, c'est qu'avant je le faisais parce que j'étais triste à en crever, et que maintenant je le fais parce que j'ai en moi une gigantesque colère qui parfois sort brutalement mais qui parfois refuse de sortir et me dévore de l'intérieur. Et demain je vais aller dans une pharmacie, chercher de quoi panser mes blessures, le cœur lourd, les yeux au sol, la musique dans les oreilles pour essayer d'oublier le monde. (...)

Sombre matière

Peu à peu, je commence à accepter mes propres ténèbres. Pas évident de s'y faire, hein. Pas facile de comprendre qu'on a comme un monstre en nous et que ce monstre prend plus de place qu'on le voudrait. Il faut dire que j'aide pas aussi. Je regarde des films et des séries avec des personnages torturés autant physiquement que mentalement, et quand j'éteins l'ordinateur c'est pour me jeter sur des livres qui ne racontent pas mieux. Sombre matière de fond qui accompagne mes délires. De tout ce qui me passe par la tête, je ne sais pas quoi dire. Qu'écrire des pages et des pages pour (...)

The end

Parce qu'il faut bien que j'en parle, à un moment ou un autre. Que ce soit la fin de notre monde ou simplement ma fin, c'est-à-dire, ma mort, il fallait que j'écrive quelque chose à ce sujet. On dit souvent que la fin de quelque chose signifie le début de quelque chose d'autre. Une fin, un commencement. Je ne sais pas ce qui m'attend, après ma mort, et je ne tiens pas à le savoir. Et il en est de même pour la fin du monde. Beaucoup de personnes en parlent, beaucoup disent que cela arrivera plus tôt qu'on ne le croit, et beaucoup se préparent. Ils se préparent à survivre. (...)

Leçon

Les plus sages savent comment vivre. Mais ce ne sont pas les plus sages qui survivent. (...)

Nothing

Tout à l’heure, je suis allée courir. Je me sentais mieux, plus tranquille, un petit peu plus sûre de moi. C’est si vite parti… ça s’en va et ça ne revient pas, ou alors, seulement pour quelques instants, comme si c’était un effet d’une drogue quelconque qui ne pouvait durer indéfiniment. Comme si me sentir bien n’était pas ce pour quoi je suis faite et que je ne pourrais jamais en avoir plus que quelques échos. Peu importe au final ce qui va se passer, je ne me sens pas capable d’y faire face. Je me sens sans aucune force, juste bonne à être balayée par les (...)

Pour plus de lecture, consulter les archives : octobre 2019, novembre 2019, décembre 2019, janvier 2020.